samedi 8 décembre 2018

Modriç, Ballon d'Or, en quoi cela choque ?

Les gens veulent limiter le football aux buts et passes decisives...
Si tel était le cas, ni Beckenbauer, ni Canavaro, ni Lev Yashine, ni Mathias Sammer n'allaient remporter le Ballon d'Or...
Ils disent que Luka n'a rien fait à la Coupe du monde... Et pourtant, il a été le joueur croate à l'origine de plus d'occasions pour ses coéquipiers (16 Selon Opta). Cette stat est invisible mais elle a été essentielle au parcours flamboyant de la Croatie. C'est dans ce domaine où il n'y a ni but, ni passe décisive et sans lequel les attaquants ne marqueront jamais que Luka excelle.
C'est pas un buteur, c'est un métronome, un chef d'orchestre, celui qui organ

ise, dicte le tempo du jeu, et fait que le collectif marche à merveil... Un régal de le voir toucher la balle, la caresser de l'intérieur et souvent de l'extérieur du pied...

Le football c'est pas juste les buteurs et sans des joueurs comme Modriç, y a pas de but ou il y en aura très rarement.

Enfin vous voulez quoi: le mec remporte tous les trophées individuels de l'année (Qui récompense par ailleurs le collectif): meilleur joueur de la coupe du monde, de la FIFA, de l'UEFA, et vous voulez qu'on donne le Ballon d'Or à un autre ?

Bravo aux journalistes du monde entier qui ont récompensé le jeu, le foot au sens pur du terme.

vendredi 18 août 2017

Le Sénégal fait-il réellement partie des premiers pays à atteindre les objectifs de la Cop 21 ?


Jeudi 29 Juin 2017, le Président Macky Sall inaugure la troisième centrale solaire du Sénégal, la plus importante en capacité avec ses 30 mw: la centrale de Santhiou Mékhé. Un jour plus tard il tweete : « résolument mobilisés et engagés dans l’ère des énergies propres avec la nouvelle centrale de Santhiou Mékhé ». Un texte accompagné d’une annonce faite dans une infographie : « Avec plus 19% d’énergies propres (dans le mix énergétique ndlr), le Sénégal rejoint les premiers Etats à atteindre les objectifs de la COP 21. »
Une telle affirmation est-elle justifiée ?
Pour vérifier l’information, nous avions été à l’Agence Nationale des Energies Renouvelables (ANER), passé un coup de fil à la présidence, rencontrer une spécialiste en environnement et explorer une myriade de données sur internet. Aux termes de nos recherches, une conclusion nuancée : l’information donnée par le chef de l’Etat via son compte Twitter a une part de vérité tout comme des zones d’ombre. Démonstration.
Un chiffre crédible
« C’est un chiffre réaliste », nous lance Sidy Bouya Ndiaye Chef de la division exécution des projets et programme de l’ANER. « On va largement dépasser ce chiffre » renchérit Elhadj Hamidou Kassé, ministre chargé de la communication à la présidence de la République, joint au téléphone. Il n’y a aucun doute pour eux. Le Sénégal est bien à 19% d’énergies propres.
L’objectif du PSE est d’atteindre 20% d’énergies renouvelables dans le mix énergétique en 2017. Au rythme de l’inauguration des dernières centrales solaires « (Bokhol 20 mw, Malicounda 20 mw et Santhiou Mékhé 30 mw) qui font un total de 70 mw, ajouté au potentiel en hydroéléctricité (au moins 66 mégawatt avec la centrale hydroélectrique de Manantali » et aux concessions de l’Agence Nationale de l’Electrification Rurale (ANER) le chiffre de 19% annoncé par le chef de l’Etat est bien réel.
Il sera même largement dépassé d’ici la fin de l’année comme le pense El Hadj Hamidou Kassé. De nouvelles centrales solaires devront voir le jour avant 2018. Il s’agit notamment des centrales solaires de Kahone et de Diass.
L’équivoque !
Les projets déjà réalisés sur les énergies renouvelables ont fait passer le Sénégal d’un pays qui fonctionnait avec presque pas d’énergies propres il y a quelques années, à un statut de pays leader dans le domaine en Afrique de l’Ouest. Mais cela fait-il du pays l’un des premiers à atteindre les objectifs de la COP 21 comme annoncé dans le tweet du Président de la République ?
Pour s’en convaincre, une seule issue : parcourir l’Accord de Paris sur le climat. Problème. Après avoir lu les 39 pages de l’accord dans un premier on temps, utilisé un moyen technique de recherche de mots dans un texte, on a la confirmation de ce que l’experte en environnement Aissatou Diouf de l’ONG Enda nous avait révélé plutôt : « le terme énergie renouvelable (synonyme de énergie propre) n’est mentionné qu’une seule fois dans l’accord de la COP 21 ». La mention, dans la partie « Proposition du Président » à la page 2, est la suivante : « Considérant la nécessité de promouvoir l’accès universel à l’énergie durable dans les pays en développement, en particulier en Afrique, en renforçant le déploiement d’énergies renouvelables des émissions de gaz à effets de serre (…) Décide d’adopter l’Accord de Paris en vertu de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (…) ». L’expression souvent utilisée dans l’accord est plutôt « atténuation des émissions de gaz à effets de serre ».
Aissatou Diouf est formelle à ce propos « Il n’y a pas d’objectif pour les énergies renouvelables dans l’accord de Paris ». Cependant les Etats ont tout de même prévu de faire des efforts dans les énergies renouvelables. C’est ce qu’elle nous explique en rappelant que : « En amont de la COP 21 chaque pays ou groupe de pays (UE) avait produit un document CPDN (Contribution prévue et déterminée au niveau national) qui deviennent aujourd’hui des CDN (Contribution Déterminée au niveau national) ».
Dans le document CPDN du Sénégal, les objectifs ne sont pas énoncés en référence au mix énergétique du Sénégal mais en terme d’atténuation des émissions de gaz à effets de serre avec des options qui vont jusqu’à une baisse de 30% en 2030. En plus de ce cap, il y a également des objectifs à atteindre à l’horizon 2020 dans le solaire et l’éolienne, de 310 mw. Un objectif réaliste car des centrales et des parcs éoliens sont en cours de réalisations.
En conclusion on pourrait retenir que la mention « parmi les premiers Etats à atteindre l’objectif de la COP 21 » est inopportune dans le tweet du chef de l’Etat vu qu’il n’y a pas d’objectif précis avec l’Accord de Paris. Il n’y a que des objectifs nationaux ou des objectifs par groupe comme avec l’Union Européenne qui se fixe un but de 27 % de renouvelables dans sa consommation d’énergie d’ici à 2030.

lundi 17 avril 2017

DAKAR : L’AGGLUTINATION

Vue aérienne de Dakar depuis l'espace signée Thomas Pesquet
Une petite bande triangulaire rattachée au continent. Une presqu’ile aux côtes rocheuses et découpées. Une ville cosmopolite au fort potentiel démographique. Dakar se présente aujourd’hui comme un dernier refuge dans un Finistère qui par la force du temps ne cesse d’exploiter ses quelques rares étendues jusque-là épargnées.


Dakar, c’est d’abord un paradoxe : plus petite région du Sénégal avec 0,02% du territoire mais la région la plus populeuse avec 17% de la population. Capitale du Sénégal depuis le début du XXe siècle, la ville a connu une évolution spectaculaire sur tous les plans. Elle concentre l’essentiel de l’activité économique du pays et attire par la même occasion les populations de l’intérieur du pays. La conséquence est évidente : ses 550 km2 de superficie s’épuisent années après années. Le département de Dakar avec ses 82 km2 porte le plus les stigmates de ce boom démographique notable. Cette image envoyée via son compte Twitter par l’astronaute français Thomas Pesquet depuis la station spatiale internationale le 14 Mars 2017 nous édifie plus clairement.

Dans l’une des réponses au tweet de Thomas Pesquet, un twitto n’a pas manqué de signaler l’absence d’espace écologique dans la ville.
Un constat qui sonne comme une lapalissade. La pression démographique a de plus en plus raison sur le cadre de vie. Des surfaces qui étaient inhabitées il y a 5 ou 6 ans derrière, sont devenues des quartiers florissants. Keur Gorgui, sur la VDN en est la preuve la plus patente.


Un autre constat sur la carte de Dakar envoyée par Thomas Pesquet: la seule partie du département dépourvue d’habitation, c’est l’Aéroport International Léopold Sédar Senghor et ses alentours. Aujourd’hui l’hypothèse de la fermeture définitive de cet aéroport après l’inauguration de l’Aéroport International Blaise Diagne de Diass plane. C’est peut être maintenant qu’il faudra penser à la restructuration de cet espace de plusieurs hectares. Vu le contexte de la ville, les promoteurs immobiliers auront une meilleur idée d’aller chercher ailleurs. Pour faire respirer Dakar, il faudrait peut être penser à y instaurer le « Central Park » dakarois.

Central Park de New York, exemple type de grand espace vert dans une mégalopole

lundi 20 mars 2017

Pétrole et Gaz au Sénégal : d'énormes enjeux financiers

La principale activité économique en mer au Sénégal est la pêche. Aujourd'hui, après des décennies de supputations, on ne se contentera plus au pays de Léopold Sédar Senhgor,  de lancer des filets pour pécher des animaux marins. On ira bien au-delà, sous l’Atlantique, à la recherche de l’or noir et du méthane. Cela ne fait plus l’ombre d’un doute, le pétrole et le gaz ne tarderont pas à jaillir des profondeurs de la lithosphère sénégalaise avec en vu, d’importantes retombées économiques.


Près d’une dizaine d’entreprises impliquées dans l’off-shore sénégalais, des intérêts qui fusent de partout, des volumes de brut revus de jours en jours progressivement à la hausse : Les perspectives de l’or noir et du méthane au Sénégal font aussi bien naître d’immenses espoirs qu’elles n’engendrent des appréhensions. Mais à ce jour, on en est qu’à la phase de développement après l’exploration qui d’ailleurs se poursuit toujours. L’exploitation devra attendre encore quelques années (entre 2021 et 2022).

 « Petro-CFA !»
L’Etat du Sénégal n’a que 10% de parts sur ses contrats pétroliers et gaziers. Mais ce n’est qu’à titre provisoire selon Mamadou Thioune, contrôleur de gestion à la Société des Pétroles du Sénégal (Petrosen). « Le Sénégal pourrait dépasser les 50% », affirme-t-il, sûr de lui. Une position partagée par l’ingénieur géologue Fary Ndao. Interpellé, il n’a pas voulu réagir d’emblée sur la question car dit-il : « je prépare un livre sur le pétrole au Sénégal et j’ai décidé de ne pas faire de sortie médiatique avant la partition de l’ouvrage ». Mais il a écrit des articles prospectifs sur le sujet et qu’il a partagé. Les projections de Fary Ndao s’appuient sur plusieurs points techniques simplifiés dans la vidéo ci-dessous.




1723 Milliards de Fcfa annuel, un montant optimiste mais qui dépend de plusieurs « si ». Un montant qui pourrait paradoxalement être revu à la hausse car on est peut-être pas à la fin des découvertes. KosmosEnergy a laissé entendre que dans les deux blocs gaziers qu’il a acquis au large de la grande côte, il y aurait potentiellement aussi du pétrole. De son côté Cairn Energy estime que le potentiel pétrolier au large de la petite côte, dans les trois blocs, Sagomar Profond, Sangomar offshore et Rufisque Offshore pourrait atteindre jusqu’à 2,7 Milliards de barils de pétrole.






Les intéressantes perspectives du gaz

 Seize pays africains produisent à ce jour du gaz naturel. Le Sénégal et la Mauritanie deviendront dans quelques années les 17 et 18ème.  Les deux pays partagent un potentiel gazier parmi les plus importants du continent si on se base sur les estimations de Kosmos Energy, l’entreprise à l’origine de la découverte.



Comme avec le pétrole, nous ne sommes peut-être pas également à la fin des découvertes sur le gaz. Kosmos Energy qui a acquis deux blocs gaziers au large de la grande cote espère en plus de Gueumbeul 1 et Teranga 1 forer d’autres puits de méthane. Le montant de 306 Milliards de dollar annuel annoncé par Kosmos et pas confirmé par l’Etat du Sénégal pourrait ainsi être revu à la hausse.

Les revenus du gaz et du pétrole cumulés pourront rapportés beaucoup à l’Etat du Sénégal. Aujourd’hui il semble Impossible de dire avec exactitude quel montant rentrera dans les caisses de l’Etat. Mais une chose reste sûr selon Mamadou Thioune : «aussi bien sur son gaz que sur son pétrole, le Sénégal pourra toucher plus de 50% des revenus ».

Le grand défi reste pour plusieurs observateurs d’éviter la fameuse « malédiction du pétrole ». Du côté de l’Etat deux organismes pourront y contribuer à savoir le Comité d’Orientation Stratégique sur le Pétrole et le Gaz (Cos Petro Gaz) et l’Initiative pour la Transparence dans les Industries extractives (ITIE). Une presse alerte et une société civile aux aguets seront par ailleurs des « bénédictions » pour les hydrocarbures sénégalais.

jeudi 19 janvier 2017

KEMTIYU, « MEMOIRE VISUEL » DE LA VIE DE SÉEX ANTA

Cheikh Anta Diop, l’une des figures qui aura le plus marqué la vie idéologique négro-africaine au XXe siècle, on ne pourrait en douter après avoir regardé le film Kemtiyu, d’Ousmane William Mbaye. Sorti récemment, il a été projeté ce Mercredi au Centre d’etudes des sciences et techniques de l’information. Le réalisateur sénégalais a révélé dans ce documentaire par la force de l’image et de témoignages pointus la vie et l’immense œuvre du « dernier pharaon ».

Un documentaire presque sans voix off et qui s’apparente par moment à une docufiction a inspiré le fils d’Anette Mbaye d’Arneiville. Pendant 90 minutes, Ousmane William Mbaye a jonglé de témoignages en témoignages de personnes ayant côtoyé Cheikh Anta : ses proches ses disciples et même ses pourfendeurs. De sa naissance, à sa vie intellectuelle hors du commun, en passant par ses études universitaires en France et de ses différentes prouesses sur le plan scientifique, Kemtiyu n’aura rien laissé. William Mbaye a promené sa caméra de Ceytu à Paris, de Dakar à Atalanta pour suivre à la trace le parcours de l’auteur de Nations nègres et cultures.  Il aura feuilleté des ouvrages, des articles de presses dans un mixage harmonieux pour un rendu final captivant.

 « Le film m’a pris deux ans et demi de travail. Mais malgré tout je n’ai pas réussi à épuiser l’œuvre de Cheikh Anta » a-t-il affirmé. En toute modestie, Ousmane William Mbaye encourage d’autres productions sur le parrain de l’université de Dakar. Mais il sera difficile d’être plus exhaustif que lui, tant à travers Kemtiyu, on est édifié non seulement sur l’œuvre, l’homme et la portée de sa pensée.


Après son documentaire sur Mamadou Dia, le réalisateur sénégalais continue d’explorer la vie des grands hommes ayant marqué le Sénégal. Sa démarche fouillée et professionnelle se montre exceptionnelle dans le paysage audiovisuel sénégalais en manque criant de production documentaire. Un paysage confronté à plusieurs difficultés pour les réalisateurs et les cinéastres comme la rentabilisation de leurs œuvres. Ousmane William Mbaye l’atteste avec dépit : « à ce jour aucune télévision sénégalaise n’a acheté Kemtiyu ».

vendredi 16 décembre 2016

LE DATA JOURNALISME, UN VENT DE FRAÎCHEUR!

L’expression provoque, au minimum un rictus chez le commun des sénégalais. Il prendra pour des pervers, tous ceux qui s’évertueront à l’utiliser dans leurs phrases, vu la référence qu’elle pourrait renvoyer dans la langue populaire sénégalaise. Loin d’être une expression qui heurte la bienséance au pays de la Téranga, le data journalisme, autrement journalisme de donnée, est un nouveau souffle dans la profession, qui permet aux journalistes d’informer avec acuité et de façon plus détournée, et plus agréable pour le public.
    Un journalisme plus scientifique, à la limite mathématique, où l’outil premier du reporters n’est plus le micro où la plume mais la machine à calculer ou le logiciel Exel, ça existe. Bombarder les téléspectateurs où les lecteurs de chiffres, assez recherchés, pour l’informer avec plus de précision, tel est en quelques sortes le fondement du journalisme de donnée. Le data journaliste manie les chiffres comme le poète manie les mots. Il va les puiser sur le net, sur des rapports de séminaires ou de colloques, dans les bases de données des ministères etc… Un travail de recherche, d’investigation pour trouver les données pêle-mêle, pour la plupart secs, et en faire sa matière première. Il les simplifie, les analyses, les compare avec d’autres données pour en ressortir des informations d’intérêt général.
Le data journaliste est sans doute avec le journaliste d’investigation celui qui découvre le plus scoop dans sa carrière. En faisant des analyses quotidiennes sur des chiffres, il reconstitue des informations  éparses comme un puzzle désintégré, et découvre des connaissances jamais explorées…

Data Gueule, émission courte produite par premières lignes qui passe sur France télévision, une référence dans le monde francophone, en data journalisme, primé à de maintes reprises.

Quid d’un data journalisme sénégalais ?
Est-ce qu’il existe ? Une question difficile à répondre. Mais le constat est tout de même sans équivoque. Il n’y a pas, enfin, à notre connaissance une émission ou chronique exclusivement dédié à aux chiffres au Sénégal. Cependant les journalistes sénégalais utilisent parfois les chiffres dans leurs reportages et différentes productions. Mais ça s’arrête souvent là. Il y a peu de projection, d’études statistiques comparatives et d’analyses scientifiques des données. Souvent, on assiste à des comptes rendus de chiffres publié par l’ANSD, le FMI etc… mais rarement au-delà. Quand une fois des tentatives de papiers plus ou moins fouillé sur des chiffres sont faites, les journalistes ont du mal à simplifier les données pour le public, à les rendre plus consommables. La raison ? Sans doute parce que le data journalisme n’est pas appris au Sénégal dans les écoles de journalisme…

La presse sénégalaise a en tout cas plus que jamais besoin d’emprunter ce nouveau cap. Déjà qu’elle bute sur le journalisme d’investigation, l’autre nouveau souffle de la profession, elle a intérêt, à un moment où elle livre des actualités parfois rigides et lassantes, et pour se relancer davantage, à faire voyager téléspectateurs, lecteurs et auditeurs, dans l’univers des chiffres.

dimanche 4 décembre 2016

ALEP: UNE RUINE PERPETUELLE

Elle est devenue méconnaissable, la deuxième ville syrienne. Alep est un champ de ruine qui essuie bombardements sur bombardements. Une ville martyr où se joue le destin de la Syrie. Une ville en pleine catastrophe humanitaire.












Alep maintenant
Alep avant




Les morts suite à des effondrements de bâtiment, consécutifs à d'intenses bombardements sont devenus comme ordinaires à Alep. Les hommes de Bassar Al Assad et les rebelles syriens s'opposent mortellement au quotidien dans cette ville stratégique du Nord-Ouest de la Syrie. Mais ce sont les civils qui paient le plus lourd tribut. En plus de la hantise de la mort, les civils doivent faire face à des conditions de vie pitoyable. La guerre a tué toute l'activité économique d'Alep. Elle a également détruit presque tous les hôpitaux et structures médicales de la ville. Sans la présence de braves ONG humanitaires, la population d'Alep évalué à plus de deux millions serait peut être réduite à néant. Le désespoir et l’indignation sont à leur paroxysme chez les familles.

Le pire, les alepiens n'ont pas leur destin entre leurs mains. La situation de la ville se discute très souvent au Conseil de Sécurité de l'Onu, où les divergences entre la Russie, soutien de Bassar Al Assad et les Etats-Unis, qui appuie les rebelles, retardent indéfiniment la fin de la crise.

lundi 31 octobre 2016

LIGUE 1 SENEGAL: UNE COUPE DE TROP


En l'espace de quelques semaines, l'US Gorée, a remporté deux trophées: la Super Coupe et le Trophée des Champions. En réalité, elle a remporté deux Super Coupes, vu que le trophée des champions, qui tire ses origines de la Ligue 1 française est une Super Coupe. Une incohérence.

Innovation ou mimétisme inconsidéré?
 Innovation, parce que c'est une première au monde serait-on tenter de dire. La ligue Sénégalaise de Football Professionnel et la Fédération Sénégalaise de Football sont sans doute les premières a avoir expérimenté deux super coupes. 

Mais cette expérimentation relèverait plus d'un "copier-coller à l'aveuglette". En 2009, avec "la professionnalisation" du football sénégalais, les dirigeants n'ont pas hésité, comme il est de coutume au Sénégal, de se référer au modèle français. Le nom du championnat ne pouvait être autre que: Ligue 1. Mieux, il fallait également comme dans le championnat français avoir une Coupe de la Ligue, en dehors de la coupe nationale. En 2015, le mimétisme est parachevé, avec l'arrivée du Trophée des champions, compétition qui en France a remplacé la Super-coupe de France en 1995. En 2016, la nouvelle trouvaille des dirigeants du football sénégalais est ainsi la super-coupe du Sénégal qui oppose le vainqueur de la coupe de la ligue et celui du championnat.

Or une super-coupe comme celà se fait en Espagne, Allemagne ou Italie oppose plutôt le vainqueur de la coupe nationale et du championnat. On dirait qu'en copiant, ou en voulant innover ils ont mélangé les pinceaux.

Des trophées sans prestige.
L'expérience de la super-coupe, pour un coup d'essai, n'est pas loin d'un flop. Ce Dimanche 30 Octobre, le stade Demba Diop était presque vide. La Fédération n'a pas eu de chance. La première super-coupe qu'elle organise n'est pas tombé sur un Casa Sport Niarry Tally, mais sur deux équipes qui ne sont pas réputées être les champions de la mobilisation. Ce manque d'engouement donne encore peu de valeurs au trophée.
De surcroît, on aura droit à une nouvelle compétition bientôt: la Coupe du parlement. Cette multiplication vertigineuse des tournois influent ainsi grandement sur la valeurs des trophées.

Le mimétisme en soi n'est pas une mauvaise chose s'il est calculé et adapté aux réalités locales. La LSFP s'est engagé dans une logique d'accroissement de compétitions importées. Si la Coupe de la ligue, depuis son implantation est un succès, le trophée des champions et la super coupe sont pour le moment des ratés. L'idéale serait d'avoir une seule super-coupe. Il faut ainsi choisir entre les deux.

jeudi 21 juillet 2016

DOPAGE : UN TOURNANT DÉCISIF

Coup Tonnerre sur l’athlétisme mondial. Rio 2016 devrait être amputé de l’une des plus grandes nations sportives du monde : la Russie. Après les révélations de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA), c’est le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) qui enfonce le clou dans la plaie bien douloureuse des athlètes russes, menacés de suspensions. La balle est dans le camp du CIO qui devrait entériner la décision.


Les scandales se sont multipliés ces dernières années. De grands champions qu’on croyait les plus honnêtes du monde, ont été pris la main dans le sac, en flagrant délit de tricherie : Sharapova, Powell… Le doute sur les performances des athlètes s’accentue de jours en jours. Le phénomène Armstrong pousse certains à douter de Chris Froome qui écrase depuis quelques années, le Tour de France. La victoire historique du Kenya (7 médailles d’or) lors des derniers championnats du monde de Pékin est de plus en plus entachée de soupçons de dopage. Cela saute aux jeux. Le scepticisme regagne de jours en jours le monde du sport.

L’Union Cycliste Mondial (UCI) a durci dernièrement le ton en devenant plus austère sur les sanctions. Ce qui a réduit en quelques sortes les cas de dopage au cyclisme. Mais tel a rarement été le cas du CIO. L’instance supérieure de l’olympisme est accusée par les observateurs de laxisme et de laisser-aller. Son caractère diplomate pousse les athlètes à prendre des risques.  Mais l’opportunité de montrer le contraire est enfin d’actualité pour le Comité Olympique International. Il a un plateau d’argent entre les mains, servi par l’AMA et le TAS. La suspension probable des athlètes russes, engagés dans un « système de dopage d’Etat » selon l’AMA, pour Rio 2016 sera ainsi un avertissement retentissant pour les athlètes, enclins à adopter la méthode facile pour avoir des médailles.

Après les révélations de Lamine Diack, et la prise de conscience forcée de Sebastian Coe son successeur sur la situation critique que traverse l’athlétisme, l’heure est venue pour le CIO de prendre un sérieux virage dans la lutte contre la tricherie dans le sport. Cela passe d’abord par une sanction sévère pour la Russie, mais également à un lavage interne de l’instance, notamment par la responsabilisation de personnalités extérieures aux sports, plus à même de détecter les mauvaises graines que des passionnés, souvent velléitaires lorsqu’il s’agit de taper sur la table.


vendredi 15 juillet 2016

UN BAOBAB PLUS EFFICACE QU'UN GILET PARE-BALLE!



A quelques encablures de la Gambie, terre ayant accueillie Maba Diakhou Ba, détentrice d'un baobab mystique qui immunise contre les balle de fusil: Ndimb Birane Cissé!

dimanche 5 juin 2016

CINEMA : LA 46ème PROMOTION DU CESTI PREPARE UN COCKTAIL EXPLOSIF

16ème scène du film, en tournage, le bailleur est venu avec véhémence
réclamer l'argent du loyer à Moka
Le cinéma a la manie de matérialiser des histoires hors normes. C’est un art qui se singularise par sa capacité à illustrer par la magie de l’image et des scénarios rocambolesques, des réalités profondément ancrées dans la société. Ce trait particulier du septième art, les étudiants de la 46ème promotion du Cesti sont en train de l’expérimenter avec leur film très prometteur, en cours de tournage : La Vérité à Tout Prix.

 Une ambiance bon enfant. Des blagues, des plaisanteries sont lancées après chaque séquence de tournage. Acteurs, cameraman, perchman et membres de l’équipe technique affichent une grande complicité. Mais le sérieux et la concentration reprennent le dessus à chaque fois que le mot « action » est lancé : silence on tourne.

C’est un appartement à la Médina qui accueille la seizième scène du film. Moka l’acteur principal apparaît défiguré, souffrant, bandé de la tête et des mains, des séquelles d’une agression essuyée la veille. Pour en rajouter à sa peine, le bailleur de sa chambre, furieuse débarque chez lui et l’assiège. Elle est venue récupérer l’argent du loyer. Le ton monte, elle l’accable de mots blessants, d’offenses… avant de repartir en lui donnant un ultimatum.

La vérité à tout prix raconte une histoire de falsification de faux billet entre un directeur d’un organe de presse et un ministre de la république, révélée par un journaliste soucieux des règles d’éthique et de déontologie. On en dira pas plus sur le scénario....suspens!

Un super casting
Il n’a pas été question d’appel d’offre d’envergure pour dénicher des acteurs de talent. Le besoin ne s’est guère fait ressentir. Les protagonistes du film sont exclusivement issus de la 46ème promotion du Centre d’Etude des Sciences et Techniques de l’Information. Une promotion qui a la chance d’accueillir des personnages, aux traits incroyables. Talentueux, drôles, inspirés, fascinants, ils ont tout pour mettre en œuvre un scénario exceptionnel. La promotion possède des étudiants, ayant pour la plupart des dons d’acteur. La vérité à tout prix se présente comme une occasion pour faire éclore tous ces talents.
Moka, l'acteur principal
Emma, la réalisatrice du film,
en même temps actrice
avec le rôle de bailleur 

Vivi, la petite amie de Moka

Emboîter le pas à leurs aînées de la 45ème promotion
Un film au Cesti, ce n’est pas une première. Une promotion précédente l’a déjà expérimenté. Il s’agit de la 45ème promotion, avec le film, le défi de Macodou qui a fait sa sortie officielle récemment, le 13 Mai 2016. La vérité à tout prix sera la deuxième production cinématographique. Il risque fort de placer la barre encore plus haut et d’avoir une meilleur portée que son prédécesseur, tous les ingrédients étant réunis pour faire une œuvre qui fera parler.


Ces productions s’inscrivent dans le cadre d’un nouveau module introduit, il y a trois ans dans l’école de journalisme, celui du Langage Cinématographique. Il est dispensé par « le fou de cinéma », Abdel Aziz Boye, frère de l’ancien premier ministre Mame Madior Boye. Depuis plusieurs années, il consacre sa vie à la formation de la jeunesse au cinéma, dans la banlieue et à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Son engagement est en train de porter ses fruits. Il a déjà conduit à la réalisation de plus d’une dizaine de films. Il peut se prévaloir également d’avoir formé un lauréat du Festival de Cannes, Moly Kane et d’autres lauréats au Fespaco. Qui seront les prochains sur la liste ? Les acteurs de La Vérité à Tous Prix ? Ça ne serait pas une surprise !

mercredi 1 juin 2016

ACTE III : INITIATIVE LOUABLE AVEC DES RESULTATS MITIGES

Pour l’un des tout derniers carrefours d’actualité de l’année, le Cesti a accueilli Abdoulaye Sène, Président du think tank Global Local Forum. Il a abordé devant les étudiants en journalisme, la question de l’Acte III de la décentralisation avec une approche nuancée mais critique.

«  Le territoire est primordial pour l’essor de nos pays », cette phrase du panéliste résume tout son exposé. Un développement pour être effectif doit être généralisé à l’échelle nationale. C’est la raison pour laquelle les acteurs locaux doivent être responsabilisés pense-t-il. L’acte trois de la décentralisation rappelle-t-il succède à des politiques engagées par les prédécesseurs du Président Macky Sall, notamment l’Acte 1 de Léopold Sédar Senghor de 1972 et l’acte II du Président Abdou Diouf de 1992. Son innovation réside dans le renforcement des pouvoirs des communes et la suppression des régions au profit de pôles territoires.

Cette politique est selon Abdoulaye Sène louable, mais se heurtent à plusieurs problématiques. Il se pose ainsi des problèmes d’instruments pour gérer la commune et de ressources financières et humaines. Ce dernier aspect demeure très important car selon Sène la formation est fondamentale dans la politique des territoires. Il déplore dans ce sillage l’absence de lycées et de collèges techniques au Sénégal.

L’autre problème de l’acte III est la suppression des régions, La politique fiscalité locale n’étant pas très développée au Sénégal.

C'est ce qui fait que l'un des enjeux qui guette le Sénégal dans sa politique des territoires est selon le panéliste  de faire un lien entre le local et le national. Le Haut Conseil des Collectivités Locales qui est l’un des fruits de la réforme constitutionnelle du 25 Mars 2016, est ainsi très attendu dans cette perspectives.

lundi 30 mai 2016

PSYCHOLOGUES ET ETUDIANTS : DES PRÉJUGÉS A DÉCONSTRUIRE


L’échec aux examens, le stress, les problèmes financiers, les problèmes de choix à des moments cruciaux du cursus à l’université sont des situations que vivent de nombreux étudiants de l’Ucad. Si certains les vivent intérieurement, d’autres en parlent à des amis et pourtant des spécialistes appropriés pour ces cas ne sont guère loin d’eux : les psychologues de l’Ucad.

Les psychologues au Sénégal sont à tort associés aux fous. C’est Ahmed Sakhir Ndiaye, psychologue au Bureau d’Information et d’Aide à l’Orientation (BIAO) de l’Ucad qui en parle le mieux. « A plusieurs reprises j’ai reçu ici des élèves qui ont été amenés par leurs parents. Un jour je pose une question à certains d’entre eux : pourquoi on vous a amené ici ? Ils m’ont dit que leur parent leur ont dit qu’on va aller voir un psychologue. Et quand je leur pose la question à savoir qu’est-ce que cela vous a fait quand on vous a dit ça. L’un d’eux m’a dit : je ne suis pas fou hein ! » Pourtant la psychologie n’est pas toujours associable à la folie. Le Grand Robert la définie comme : « l’étude scientifique des phénomènes de l'esprit, de la pensée, de la vie mentale ». En d’autres termes, c’est la science qui étudie l’individu, ses comportements et qui sait en produire un raisonnement scientifique. Ainsi tout individu qui rencontre des difficultés d’ordre psychologique, qui est appelé à prendre une décision cruciale dans sa vie, qui vit une situation de stress, doit nécessairement voir un psychologue afin d’être mieux éclairé. Dans les sociétés occidentales, c’est un réflexe. En Afrique, au Sénégal, on a propension à se surestimer et à tout vouloir gérer seul, où à être conseiller par des amis qui ne maîtrisent pas toujours certains sujets.

A l’Ucad, une structure est spécialisée pour conseiller les étudiants, les assister lorsqu’ils rencontrent des difficultés, c’est bien entendu le BIAO. « Nous sommes formés pour aider les étudiants à revenir sur leur vécu pour que l’expérience qu’ils vivent leur rapporte quelque chose en retour », renseigne Ahmed Sakhir Ndiaye. Le BIAO, qui se trouve à l’Ucad III (nouvel aménagement de l’Ucad entre l’Ecole Supérieure Polytechnique (ESP) et le Centre Aline Sitoé Diatta Ex Claudel) dispose de psychologues compétents et expérimentés capables d’éclairer des étudiants qui traversent des zones d’ombres dans leur cursus universitaire.

Comment aborder les examens ? Quel concours choisir et comment se préparer ? Que faire après un échec aux examens ? Comment préparer un stage ? Comment aborder le marché de l’emploi après un diplôme et maximiser ses chances de décrocher un emploi ? Pour toutes ces questions les psychologues du BIAO ont des réponses à prodiguer.

L’étudiant n’a guère à avoir peur d’eux. Ils ne vont pas le rendre fou, mais sans doute plus intelligent !

dimanche 29 mai 2016

GIRO 2016: LES PERIPETIES D'UN SACRE IMPRESSIONNANT DE NIBA

UNE PRESSE TELEGUIDEE

La presse sénégalaise est pionnière en Afrique francophone. Elle a connu ses balbutiements au XIXe et a traversé le XXe. A l’aube du troisième millénaire, elle peut se targuer de n’avoir pas grand-chose à envier à ses « congénères » du continent. Mais elle a encore tellement de progrès à faire !


Dix-neuf quotidiens, plusieurs dizaines de radios, plus d’une dizaine de télévisions sans compter la myriade de sites Internet sur la toile, pour une population d’à peine quatorze millions d’habitants ; le rapport est bon, pour ne pas dire excellent. Le citoyen sénégalais a une large palette de choix, pour s’informer. La presse est de visu dynamique, florissante. Elle a réalisé un progrès phénoménal comparé à l’époque de Moniteur du Sénégal et Dépendance au milieu du XIXe siècle. Mais on est tenté de dire que ce n’est que la partie visible de l’iceberg.

La presse sénégalaise souffre de plusieurs tares. Sur le plan professionnel, elle a certes des individualités hautement qualifiées qui éclaboussent les tergiversations d’une grande partie du secteur. Mais elle est haletante, un nombre important de ses journalistes n’ayant pas reçu une formation appropriée, étant selon l’expression, « formés sur le tas », même si certains d’entre eux font état d’une virtuosité sensationnelle. C’est ce qui explique en partie son caractère superficiel. Elle effleure les sujets, les touche, mais va rarement plus loin. C’est une presse d’opinion pour la plupart du temps ; une presse aussi, sensationnelle.

 Evidemment, pour aller en profondeur dans les sujets il faut en plus des moyens humains, les moyens matériels et financiers, qui font défaut de manière criante dans la plupart des médias. Il ne suffit que d’ouvrir les pages des quotidiens pour en avoir un aperçu clair. La piètre qualité de l’impression et du papier, s’ajoutant à l’illustration d’une autre époque, ne sont que les symptômes d’un médium,  qui intérieurement connait « une overdose de compte rendu ». Les genres prestigieux comme le reportage et le portrait y sont presque absents. L’enquête n’en parlons même pas. Existe-t-il un journaliste d’investigation au Sénégal ? On aura difficilement des arguments pour dissuader ceux qui répondront par la négative.

La presse sénégalaise est nationale. Les correspondants étrangers de nationalités sénégalaises se comptent sous les doigts d’une main. L’actualité internationale est ainsi abordée sous les œillères, d’un traitement souvent partisan d’une presse étrangère surpuissante. L’actualité « hors de chez nous » a pour principaux maîtres-mot, « Reprise de dépêche des agences françaises » et « reprise des récits et de reportages des télévisons françaises d’information en continu ». C’est pourquoi l’actualité française sur les informations qui nous parviennent de l’extérieur est omniprésente. Quel média sénégalais, n’a pas traité plusieurs jours durant les informations sur les manifestations sur  la loi de travail en France ? C’est parce qu’elles faisaient la une des médias français ; quoi de plus normal d’ailleurs. Mais quelle importance cela a pour le citoyen sénégalais? Pendant ce temps qu’est ce qui se passait en Amérique Latine. Un petit coup d’œil sur l’agence de presse espagnole EFE nous aurait sans doute éclairés sur des informations plus intéressantes. Que se passait-il au Moyen-Orient, en Asie ? Un coup d’œil sur les médias arabes, japonais ou indiens nous y aurait sans doute plus édifiés, en plus avec un autre angle de traitement sans doute aussi, voire plus pertinent que celui français. Une grande partie du monde nous est ainsi cachée.


Qu’ils sont nombreux, les défis qui guettent la presse sénégalaise !

mercredi 18 mai 2016

VERS UNE BAISSE DES PRIX DES DROITS TÉLÉ DE LA CAN

L’Union africaine de radiodiffusions (Uar) a organisé hier à Dakar une rencontre entre les télévisions publiques d’Afrique. Les discussions ont concernées les droits télé pour la diffusion des événements sportifs notamment la Coupe d’Afrique des Nations (Can). Ces droits ont flambé démesurément lors de la dernière édition de la Can en 2015, passant de 450 millions à 900 millions. 

L'augmentation exorbitante des droits télé de la Can a alerté les directeurs des télévisions nationales. La Confédération africaine de football, organisateur de la Can est propriétaire des droits télé. Elle vend les droits par le truchement d’une société française qui fait office de négociateur. Cette société a beaucoup contribué à la flambée des prix. La diffusion de ces événements sportifs est souvent une exigence de premier plan du public, qui dans beaucoup de pays africains, à l’image du Sénégal est passionné de football. Ce désir ardent du public de voir ces événements sur le petit écran a pu ainsi constituer un moyen de chantage et de pression de la Caf pour pousser les télévisons à acheter quelques soit le prix les droits.

Mais la surenchère sur les droits télé des événements sportifs ne se limitent pas en Afrique. C’est un phénomène mondial. Il faut un gros chéquier pour acquérir les grandes compétitions sportives mondiales. C’est le cas de la ligue des champions ou la NBA. La concurrence entre les télévisions a fait exploser la demande. Les propriétaires des droits s’en frottent les mains.  En Angleterre par exemple, la Barclays Premier League, le championnat de football réalise des rentrées incroyables grâce aux droits télé. Pour la période 2016-2019, les télévisions Sky Sport et British Televison ont dépensé près de sept milliards d’euro soit quatre mille cinq cents milliards de Fcfa pour avoir le feu vert sur la retransmission des matchs du championnat. Mais la politique de la Premier League est de redistribuer ces ressources aux clubs contrairement à la Caf.
La Confédération africaine de football fait une distribution très peu généreuse des revenus tirés des droits télé. La Cote d’Ivoire, qui a remporté la dernière édition n’a touché que cinq cent millions de Fcfa alors que la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne a dépensé 900 millions pour diffuser la compétition. En outre, le prix des droits télé pour la coupe du monde de football est trois fois moins cher que ceux de la coupe d’Afrique.

La rencontre de Dakar d’hier a débouché sur un accord entre les 25 organismes membres de l’Uar. Désormais aucune télévision n’est habilitée à négocier seule l’acquisition des droits télé. Un mandat a été donné à l’Uar de négocier pour les quatre zones géographiques d’Afrique. Ce nouveau schéma a de fortes chances de contribuer à une baisse significative des prix des droits télé. L’histoire à montrer qu’à chaque fois que des négociations individuelles sur l’acquisition des droits de retransmission télé ont été menées on a assisté à des surenchères. C’est ce qu’à relater Eric Maitrot dans son ouvrage Sport et télé, les liaisons secrètes. L’ancien directeur des études de l’Ecole Supérieur de Journalisme de Lille a montré dans cet ouvrage la concurrence acerbe des télévisions à partir du milieu des années 90, pour la diffusion du sport à la télé. Cette rivalité avait conduit à une augmentation exponentielle des prix des droits de toutes les grandes compétions sportives mondiale.

Ainsi en fédérant leur forces les télévisons membres de l’Uar ont mis tous les moyens de leur côté pour obtenir gain de cause dans l’optique d’avoir des droits télé abordables pour l’ensemble des diffuseurs de la Can en Afrique.

dimanche 24 avril 2016

JOURNALISTE CRITIQUE D’ART, UNE EXIGENCE SUPRÊME

Alioune Ndiaye en train d'expliquer les méthodologies
de la critique d'art aux journalistes
« L’artiste crée, on ne lui demande pas de faire de la littérature sur son travail », cette fonction est attribuée aux critiques d’arts, une assertion du co-fondateur de l’Académie Internationale des Arts, Alioune Badara Badiane. Il a animé en compagnie du juge de l’art Sylvain Sankalé et du journaliste critique d’art, Alioune Ndiaye, une formation pour les journalistes culturels du Sénégal. Une occasion pour mesurer la complexité, du métier de critique d'art.

« Le critique d’art émet un jugement sur une œuvre d’art. C’est quelqu’un qui possède un savoir sur l’art. Il aime l’art. Il doit pouvoir juger la qualité d’une œuvre d’art. Il doit avoir une grande connaissance des œuvres d’art. Il doit fréquenter régulièrement le vernissage et les artistes. Il doit susciter le gout du public, l’éclairer, le conseiller. Il suit la carrière d’un artiste, assiste à l’avant-première et à toutes les publications de cet artiste ». Ces précisions sont du tout récent auteur d’Omar Pene, un destin en musique, le docteur en Esthétique et philosophe de l’art, Babacar Mbaye Diop présent lors de cette formation. Cependant il faudrait faire la nuance entre le critique d’art et le journaliste critique d’art. On n’est pas obligé d’être un journaliste pour être un critique d’art. D’ailleurs toutes les grandes galeries d’art ont en leur sein un critique, chargé d’éclairer le public.

Pour parvenir à cette fin, le critique est appelé à suivre une méthodologie très variée. Il a le choix et la liberté d’adopter  une diversité de formes d’analyse et d’interprétation. Le journaliste culturel Alioune Ndiaye s’est chargé de présenter ces différentes méthodologies au cours de la formation. A l’aide d’un document Power Point, intitulé Ecrire sur l’art, savoirs et méthodologies, il a suscité l’attention des journalistes avec sa présentation limitée tout de même sur les arts visuels (plastiques), par opposition aux arts scéniques (théâtres, conte etc). Selon lui avant de procéder à une quelconque analyse, il faut au journaliste une connaissance des : techniques picturales, des chromatiques et des mélanges, de l’histoire de l’art et des théories de l’art. Aussi pour pénétrer une œuvre, selon le professeur d’éducation artistique Alioune Badara Badiane, il est incontournable de passer par son format, sa composition, ses formes spécifiques internes, ses couleurs, ses matières, et son titre. Ces connaissances et ces subtilités acquises, le critique a les prédispositions pour faire un discours pertinent sur les œuvres d’art. Alioune Ndiaye préconise ainsi cinq méthodes d’analyse des œuvres d’art.

Une Critique Circonstancielle, où l’on interroge le contexte dans lequel l’œuvre est née et est donnée aux spectateurs, en retraçant l’origine de l’artiste et son itinéraire ; une Critique Médicale (Psychocritique), qui se base sur une approche psychanalytique, en recensant un grand nombre d’œuvres produites par l’artiste pour chercher les relations entre les thèmes abordés afin de dénouer le mythe personnel de l’artiste; une Critique Totalisante ou Existentialiste, théorisée par Jean Paul Sartre, qui se base sur les influences des contradictions sociales dans l’œuvre de l’artiste en étudiant le sens profond du signe à travers des interprétations psychanalytiques; une Critique d’Echos ou de Confidence en laissant à l’artiste faire sa propre interprétation de son œuvre ; et enfin une Critique de Composition en décortiquant l’œuvre à travers ses aspects (couleurs, formes…).

En plus de ces cinq méthodes, on a une sixième qui s’intitule, la Critique Liberthophile. Celle-ci bafoue toutes les règles de l’art et a comme théorie : « : l’artiste dispose d’une totale liberté de créer, comme le critique de critiquer ». Mais son inconvénient est que, quiconque peut s’autoproclamer, critique d’art.

Le journaliste critique d’art doit avoir également une certaine prudence dans l’analyse des œuvres d’art. Ainsi selon Alioune Badara Badiane « Dire qu’une œuvre est originale est risqué. Il faut connaitre d’abord l’histoire de l’art et de ses œuvres ». D’où une éthique indispensable pour susciter une crédibilité dans l’analyse. Le juge de l’art Sylvain Sankalé dira à ce propos qu’ « admettre qu’un travail n’est pas bon est libre, mais dire qu’il est copié sans preuves est malhonnête ». Ainsi le principal danger est la complaisance à l’artiste, qui vous à inviter à couvrir son vernissage ou son exposition. Sankalé de renchérir à ce propos que : « vous ne devez pas tromper (intentionnellement) les gens qui vous lisent. C’est l’éthique qui doit vous guider ».

Il n’est ainsi pas simple d’être un journaliste critique d’art, tant cette spécialité est exigeante. L’art en tant qu’activité qui reflète l’humanisme des individu a ses mystères, d’où la nécessité d’avoir des spécialistes capables de les dévoiler. L’art participe à développer la sensibilité des hommes. Selon Alioune Badara Badiane il a même « sa place dans l’éducation des hommes ».

mercredi 20 avril 2016

L’HISTOIRE DE LA PALESTINE SELON SON AMBASSADEUR AU SENEGAL

S.E.M Safwat Ibraghith, retraçant
l'histoire de la Palestine
S.E.M Safwat IbraghithIl n’est accrédité au Sénégal que depuis six mois, mais il montre un engagement hardi pour la cause palestinienne et compte bien faire entendre la bonne version de l’histoire de son pays d’origine. Juriste, spécialiste du droit international public, il a rencontré les étudiants du Cesti et a, dans un cours magistral traversé les grandes lignes de l’histoire palestinienne.


"Plus de quarante plans internationaux ont été proposés pour effacer la Palestine de la carte géographique" a-t-il martelé, durant son exposé en Power Point de l’histoire de la Palestine. Ce pays est déstructuré aujourd’hui du fait du combat qu’il mène depuis des décennies contre Israël. L’ambassadeur de la Palestine au Sénégal a remonté jusqu’aux sources de la Palestine afin de mieux faire comprendre sa situation actuelle. Des années 1800, sous l’occupation de l’empire ottoman à l’année 1917 avec l’occupation britannique, jusqu’en 1947, et le plan de partage « inéquitable » de l’ONU, Ibraghith s’est voulu être le plus exhaustif possible. La question géographique a occupé une grande partie de cette rencontre et selon Le juriste, Israël est le seul pays monde qui ne connait pas frontières.

Des cartes illustratives à la clé, il a parcouru le 20ème siècle pour montrer l'évolution négative de la situation palestinienne, qui a perdu presque tout son territoire par rapport à 1947. Aujourd'hui selon son excellence « 600 barrages militaires (israéliens) sont éparpillés sur le territoire palestinien de la Cisjordanie ». Cette situation est aussi vécue par les gazaouis, qui sont asphyxié de plus en plus par Israël.

La question des réfugiés a été également abordée par Ibraghith. Pour lui : « Les réfugiés palestiniens sont les seuls au monde qui ne bénéficient pas de protection internationale. ». Aujourd’hui, la Palestine avec sept millions de réfugiés est le pays au monde qui en compte le plus.
L’économie n’a pas omis par l’ambassadeur de la Palestine au Sénégal, et surtout la question de l’eau. Safwat Ibraghith estime que Israël fait exprès d’assoiffé les palestiniens également en s’accaparant des principaux cours d’eau de la région.