lundi 31 octobre 2016

LIGUE 1 SENEGAL: UNE COUPE DE TROP


En l'espace de quelques semaines, l'US Gorée, a remporté deux trophées: la Super Coupe et le Trophée des Champions. En réalité, elle a remporté deux Super Coupes, vu que le trophée des champions, qui tire ses origines de la Ligue 1 française est une Super Coupe. Une incohérence.

Innovation ou mimétisme inconsidéré?
 Innovation, parce que c'est une première au monde serait-on tenter de dire. La ligue Sénégalaise de Football Professionnel et la Fédération Sénégalaise de Football sont sans doute les premières a avoir expérimenté deux super coupes. 

Mais cette expérimentation relèverait plus d'un "copier-coller à l'aveuglette". En 2009, avec "la professionnalisation" du football sénégalais, les dirigeants n'ont pas hésité, comme il est de coutume au Sénégal, de se référer au modèle français. Le nom du championnat ne pouvait être autre que: Ligue 1. Mieux, il fallait également comme dans le championnat français avoir une Coupe de la Ligue, en dehors de la coupe nationale. En 2015, le mimétisme est parachevé, avec l'arrivée du Trophée des champions, compétition qui en France a remplacé la Super-coupe de France en 1995. En 2016, la nouvelle trouvaille des dirigeants du football sénégalais est ainsi la super-coupe du Sénégal qui oppose le vainqueur de la coupe de la ligue et celui du championnat.

Or une super-coupe comme celà se fait en Espagne, Allemagne ou Italie oppose plutôt le vainqueur de la coupe nationale et du championnat. On dirait qu'en copiant, ou en voulant innover ils ont mélangé les pinceaux.

Des trophées sans prestige.
L'expérience de la super-coupe, pour un coup d'essai, n'est pas loin d'un flop. Ce Dimanche 30 Octobre, le stade Demba Diop était presque vide. La Fédération n'a pas eu de chance. La première super-coupe qu'elle organise n'est pas tombé sur un Casa Sport Niarry Tally, mais sur deux équipes qui ne sont pas réputées être les champions de la mobilisation. Ce manque d'engouement donne encore peu de valeurs au trophée.
De surcroît, on aura droit à une nouvelle compétition bientôt: la Coupe du parlement. Cette multiplication vertigineuse des tournois influent ainsi grandement sur la valeurs des trophées.

Le mimétisme en soi n'est pas une mauvaise chose s'il est calculé et adapté aux réalités locales. La LSFP s'est engagé dans une logique d'accroissement de compétitions importées. Si la Coupe de la ligue, depuis son implantation est un succès, le trophée des champions et la super coupe sont pour le moment des ratés. L'idéale serait d'avoir une seule super-coupe. Il faut ainsi choisir entre les deux.

jeudi 21 juillet 2016

DOPAGE : UN TOURNANT DÉCISIF

Coup Tonnerre sur l’athlétisme mondial. Rio 2016 devrait être amputé de l’une des plus grandes nations sportives du monde : la Russie. Après les révélations de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA), c’est le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) qui enfonce le clou dans la plaie bien douloureuse des athlètes russes, menacés de suspensions. La balle est dans le camp du CIO qui devrait entériner la décision.


Les scandales se sont multipliés ces dernières années. De grands champions qu’on croyait les plus honnêtes du monde, ont été pris la main dans le sac, en flagrant délit de tricherie : Sharapova, Powell… Le doute sur les performances des athlètes s’accentue de jours en jours. Le phénomène Armstrong pousse certains à douter de Chris Froome qui écrase depuis quelques années, le Tour de France. La victoire historique du Kenya (7 médailles d’or) lors des derniers championnats du monde de Pékin est de plus en plus entachée de soupçons de dopage. Cela saute aux jeux. Le scepticisme regagne de jours en jours le monde du sport.

L’Union Cycliste Mondial (UCI) a durci dernièrement le ton en devenant plus austère sur les sanctions. Ce qui a réduit en quelques sortes les cas de dopage au cyclisme. Mais tel a rarement été le cas du CIO. L’instance supérieure de l’olympisme est accusée par les observateurs de laxisme et de laisser-aller. Son caractère diplomate pousse les athlètes à prendre des risques.  Mais l’opportunité de montrer le contraire est enfin d’actualité pour le Comité Olympique International. Il a un plateau d’argent entre les mains, servi par l’AMA et le TAS. La suspension probable des athlètes russes, engagés dans un « système de dopage d’Etat » selon l’AMA, pour Rio 2016 sera ainsi un avertissement retentissant pour les athlètes, enclins à adopter la méthode facile pour avoir des médailles.

Après les révélations de Lamine Diack, et la prise de conscience forcée de Sebastian Coe son successeur sur la situation critique que traverse l’athlétisme, l’heure est venue pour le CIO de prendre un sérieux virage dans la lutte contre la tricherie dans le sport. Cela passe d’abord par une sanction sévère pour la Russie, mais également à un lavage interne de l’instance, notamment par la responsabilisation de personnalités extérieures aux sports, plus à même de détecter les mauvaises graines que des passionnés, souvent velléitaires lorsqu’il s’agit de taper sur la table.


vendredi 15 juillet 2016

UN BAOBAB PLUS EFFICACE QU'UN GILET PARE-BALLE!



A quelques encablures de la Gambie, terre ayant accueillie Maba Diakhou Ba, détentrice d'un baobab mystique qui immunise contre les balle de fusil: Ndimb Birane Cissé!

dimanche 5 juin 2016

CINEMA : LA 46ème PROMOTION DU CESTI PREPARE UN COCKTAIL EXPLOSIF

16ème scène du film, en tournage, le bailleur est venu avec véhémence
réclamer l'argent du loyer à Moka
Le cinéma a la manie de matérialiser des histoires hors normes. C’est un art qui se singularise par sa capacité à illustrer par la magie de l’image et des scénarios rocambolesques, des réalités profondément ancrées dans la société. Ce trait particulier du septième art, les étudiants de la 46ème promotion du Cesti sont en train de l’expérimenter avec leur film très prometteur, en cours de tournage : La Vérité à Tout Prix.

 Une ambiance bon enfant. Des blagues, des plaisanteries sont lancées après chaque séquence de tournage. Acteurs, cameraman, perchman et membres de l’équipe technique affichent une grande complicité. Mais le sérieux et la concentration reprennent le dessus à chaque fois que le mot « action » est lancé : silence on tourne.

C’est un appartement à la Médina qui accueille la seizième scène du film. Moka l’acteur principal apparaît défiguré, souffrant, bandé de la tête et des mains, des séquelles d’une agression essuyée la veille. Pour en rajouter à sa peine, le bailleur de sa chambre, furieuse débarque chez lui et l’assiège. Elle est venue récupérer l’argent du loyer. Le ton monte, elle l’accable de mots blessants, d’offenses… avant de repartir en lui donnant un ultimatum.

La vérité à tout prix raconte une histoire de falsification de faux billet entre un directeur d’un organe de presse et un ministre de la république, révélée par un journaliste soucieux des règles d’éthique et de déontologie. On en dira pas plus sur le scénario....suspens!

Un super casting
Il n’a pas été question d’appel d’offre d’envergure pour dénicher des acteurs de talent. Le besoin ne s’est guère fait ressentir. Les protagonistes du film sont exclusivement issus de la 46ème promotion du Centre d’Etude des Sciences et Techniques de l’Information. Une promotion qui a la chance d’accueillir des personnages, aux traits incroyables. Talentueux, drôles, inspirés, fascinants, ils ont tout pour mettre en œuvre un scénario exceptionnel. La promotion possède des étudiants, ayant pour la plupart des dons d’acteur. La vérité à tout prix se présente comme une occasion pour faire éclore tous ces talents.
Moka, l'acteur principal
Emma, la réalisatrice du film,
en même temps actrice
avec le rôle de bailleur 

Vivi, la petite amie de Moka

Emboîter le pas à leurs aînées de la 45ème promotion
Un film au Cesti, ce n’est pas une première. Une promotion précédente l’a déjà expérimenté. Il s’agit de la 45ème promotion, avec le film, le défi de Macodou qui a fait sa sortie officielle récemment, le 13 Mai 2016. La vérité à tout prix sera la deuxième production cinématographique. Il risque fort de placer la barre encore plus haut et d’avoir une meilleur portée que son prédécesseur, tous les ingrédients étant réunis pour faire une œuvre qui fera parler.


Ces productions s’inscrivent dans le cadre d’un nouveau module introduit, il y a trois ans dans l’école de journalisme, celui du Langage Cinématographique. Il est dispensé par « le fou de cinéma », Abdel Aziz Boye, frère de l’ancien premier ministre Mame Madior Boye. Depuis plusieurs années, il consacre sa vie à la formation de la jeunesse au cinéma, dans la banlieue et à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Son engagement est en train de porter ses fruits. Il a déjà conduit à la réalisation de plus d’une dizaine de films. Il peut se prévaloir également d’avoir formé un lauréat du Festival de Cannes, Moly Kane et d’autres lauréats au Fespaco. Qui seront les prochains sur la liste ? Les acteurs de La Vérité à Tous Prix ? Ça ne serait pas une surprise !

mercredi 1 juin 2016

ACTE III : INITIATIVE LOUABLE AVEC DES RESULTATS MITIGES

Pour l’un des tout derniers carrefours d’actualité de l’année, le Cesti a accueilli Abdoulaye Sène, Président du think tank Global Local Forum. Il a abordé devant les étudiants en journalisme, la question de l’Acte III de la décentralisation avec une approche nuancée mais critique.

«  Le territoire est primordial pour l’essor de nos pays », cette phrase du panéliste résume tout son exposé. Un développement pour être effectif doit être généralisé à l’échelle nationale. C’est la raison pour laquelle les acteurs locaux doivent être responsabilisés pense-t-il. L’acte trois de la décentralisation rappelle-t-il succède à des politiques engagées par les prédécesseurs du Président Macky Sall, notamment l’Acte 1 de Léopold Sédar Senghor de 1972 et l’acte II du Président Abdou Diouf de 1992. Son innovation réside dans le renforcement des pouvoirs des communes et la suppression des régions au profit de pôles territoires.

Cette politique est selon Abdoulaye Sène louable, mais se heurtent à plusieurs problématiques. Il se pose ainsi des problèmes d’instruments pour gérer la commune et de ressources financières et humaines. Ce dernier aspect demeure très important car selon Sène la formation est fondamentale dans la politique des territoires. Il déplore dans ce sillage l’absence de lycées et de collèges techniques au Sénégal.

L’autre problème de l’acte III est la suppression des régions, La politique fiscalité locale n’étant pas très développée au Sénégal.

C'est ce qui fait que l'un des enjeux qui guette le Sénégal dans sa politique des territoires est selon le panéliste  de faire un lien entre le local et le national. Le Haut Conseil des Collectivités Locales qui est l’un des fruits de la réforme constitutionnelle du 25 Mars 2016, est ainsi très attendu dans cette perspectives.

lundi 30 mai 2016

PSYCHOLOGUES ET ETUDIANTS : DES PRÉJUGÉS A DÉCONSTRUIRE


L’échec aux examens, le stress, les problèmes financiers, les problèmes de choix à des moments cruciaux du cursus à l’université sont des situations que vivent de nombreux étudiants de l’Ucad. Si certains les vivent intérieurement, d’autres en parlent à des amis et pourtant des spécialistes appropriés pour ces cas ne sont guère loin d’eux : les psychologues de l’Ucad.

Les psychologues au Sénégal sont à tort associés aux fous. C’est Ahmed Sakhir Ndiaye, psychologue au Bureau d’Information et d’Aide à l’Orientation (BIAO) de l’Ucad qui en parle le mieux. « A plusieurs reprises j’ai reçu ici des élèves qui ont été amenés par leurs parents. Un jour je pose une question à certains d’entre eux : pourquoi on vous a amené ici ? Ils m’ont dit que leur parent leur ont dit qu’on va aller voir un psychologue. Et quand je leur pose la question à savoir qu’est-ce que cela vous a fait quand on vous a dit ça. L’un d’eux m’a dit : je ne suis pas fou hein ! » Pourtant la psychologie n’est pas toujours associable à la folie. Le Grand Robert la définie comme : « l’étude scientifique des phénomènes de l'esprit, de la pensée, de la vie mentale ». En d’autres termes, c’est la science qui étudie l’individu, ses comportements et qui sait en produire un raisonnement scientifique. Ainsi tout individu qui rencontre des difficultés d’ordre psychologique, qui est appelé à prendre une décision cruciale dans sa vie, qui vit une situation de stress, doit nécessairement voir un psychologue afin d’être mieux éclairé. Dans les sociétés occidentales, c’est un réflexe. En Afrique, au Sénégal, on a propension à se surestimer et à tout vouloir gérer seul, où à être conseiller par des amis qui ne maîtrisent pas toujours certains sujets.

A l’Ucad, une structure est spécialisée pour conseiller les étudiants, les assister lorsqu’ils rencontrent des difficultés, c’est bien entendu le BIAO. « Nous sommes formés pour aider les étudiants à revenir sur leur vécu pour que l’expérience qu’ils vivent leur rapporte quelque chose en retour », renseigne Ahmed Sakhir Ndiaye. Le BIAO, qui se trouve à l’Ucad III (nouvel aménagement de l’Ucad entre l’Ecole Supérieure Polytechnique (ESP) et le Centre Aline Sitoé Diatta Ex Claudel) dispose de psychologues compétents et expérimentés capables d’éclairer des étudiants qui traversent des zones d’ombres dans leur cursus universitaire.

Comment aborder les examens ? Quel concours choisir et comment se préparer ? Que faire après un échec aux examens ? Comment préparer un stage ? Comment aborder le marché de l’emploi après un diplôme et maximiser ses chances de décrocher un emploi ? Pour toutes ces questions les psychologues du BIAO ont des réponses à prodiguer.

L’étudiant n’a guère à avoir peur d’eux. Ils ne vont pas le rendre fou, mais sans doute plus intelligent !